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D’Anton Tchekhov

Librement adapté par Chantal Lebaillif
Il s’agit d’une adaptation de la nouvelle La maîtresse d’école de Tchekhov.
Avec : François Guillier (Nioukhine) et Chantal Lebaillif (Maria).

Le Chemin a été créée le 6 avril 1998, au Théâtre du Tourtour, dans le quatrième arrondissement de Paris.

Mise en scène : Chantal Lebaillif,
Création lumières : Jacques Duvergé,
Scénographie : Stéphanie Laurent,
Musique : Francis Courtot,
Photos : Evelyne Garat.

Le chemin est une adaptation d’une nouvelle écrite en 1897 : Maîtresse d’école. Elle illustre un des propos essentiels de Tchekhov : « dans la vie tout est mélangé, le profond et l’insignifiant, le sublime et le ridicule ». Elle témoigne également d’une ouverture, tonalité nouvelle, que Tchekhov avait laissé imaginer après La cerisaie, dans son tout dernier récit La fiancée, et qu’il n’a jamais eu le temps d’écrire. La revue « Le pays russe », à propos de La fiancée, souligne « une nouvelle étape dans la carrière de l’écrivain ». On était en 1904, l’année de la mort de Tchekhov. Ici, il s’agit de saisir et donner à voir les prémisses de ce nouveau propos qui participe de l’héritage que nous a laissé Tchekhov, à savoir une œuvre en mouvement qui était en train, semble-t-il, de s’ouvrir à une dimension plus optimiste.

Spectacle tout public à partir de 12 ans – Durée : 1h15.

À propos de la pièce

Comme souvent chez Tchekhov, il y a un petit oncle qui remplace le père absent. C’est Nioukhine, malheureux et victime, semble-t-il, de sa femme. La nièce, c’est Maria Vassilievna, orpheline et institutrice. Nous sommes chez des petits fonctionnaires, qui se battent avec le vide de leur existence. Maria veut partir et son oncle la retient. Nioukhine s’accroche à elle comme aux vieux rêves de sa jeunesse.

Au risque de surprendre, le fameux monologue Les méfaits du tabac constitue le premier acte dans Le chemin et fait pendant à un épilogue possible. Cet anti-héros du monologue appartient, finalement, lui aussi, à cette ancienne génération de personnages. Il s’accommode d’une vie étouffante, à laquelle, il a essayé de se soustraire sans y parvenir.

Maria, quant à elle, est bien de cette nouvelle génération, puisqu’elle réussit à partir. Dans cette fragile confrontation entre Maria et Nioukhine, tout peut basculer d’un moment à l’autre. Les méfaits du tabac fonctionne comme un miroir. On imagine alors l’avenir de Maria dans cette école, vieillissante, affublée d’un mari détesté et faisant des conférences. Cela aurait pu être l’épilogue, Maria y échappe in extremis. C’est un mouvement d’espoir qui se concrétise par le départ de Maria. On retrouve cette même ouverture dans La fiancée où Nadia ne se contente pas, comme dans Les trois sœurs, de vivre pour ce rêve utopique, « aller à Moscou ». Elle y va !

À propos de la mise en scène

L’ensemble de la scénographie rend compte d’un univers contrasté et nuancé à la fois. Elle évoque l’enfermement et le mouvement, le rêve et la réalité.

Le décor proposé par Stéphanie Laurent, s’articule essentiellement autour d’une structure en bois solide et mis à nu, sur laquelle de longs voiles de tulle se tendent. À l’image du Palais à quatre heures du matin d’Alberto Giacometti où la cage est pleinement ouverte, la fermeture peut devenir ouverture à tout moment, et inversement.

La musique de Francis Courtot renforce cette dimension de l’ailleurs. La friction de deux époques différentes, celle de l’écriture de la pièce et celle de l’écriture de la musique, va dans le sens de cette confrontation entre deux générations de personnages. Quant à l’éclairage de Jacques Duvergé, il est essentiellement ponctuel. Il accompagne avec sobriété les personnages dans leurs états d’âme, mais enveloppe, paradoxalement, la scène d’une atmosphère intime et dépouillée.