Skip to main content

Chantal Lebaillif

Comédienne, auteure et metteuse en scène

Après un DESS de pchychopathologue à l’université II de Rennes, elle entre au Conservatoire d’Art Dramatique en 1985, alors sous la direction de Guy Parigot. Elle y travaille avec Pierre Debauche et Daniel Mesguich le temps d’un stage. Parallèlement à cette formation, elle fait partie de la Ligue d’Improvisation Française avec pour entraîneur Éric Métayer.
En 1988, elle complète sa formation à l’Atelier International de Théâtre avec Blanche Salant et Paul Weaver. Grâce à ces deux professeurs venus de l’Actor Studio, elle découvre l’exigence de Stanislavski.
En 1990, elle aborde un autre travail du comédien avec Ariane Mnouchkine, dans le cadre d’une formation professionnelle proposée par le Théâtre du Soleil, à la Cartoucherie de Vincennes. Cette approche très complémentaire se fera aussi sous le signe de la rigueur.
En 1993, elle crée la compagnie Le Limon.
En 1997, elle s’inscrit à la Sorbonne pour y préparer une licence de théâtre. Elle y découvre, grâce à une « unité de valeur » consacrée à l’écriture théâtrale, La dramaturgie d’Yves Lavandier.

La compagnie

Depuis sa création, Francis Courtot, Jacques Duvergé, Stéphanie Laurent et Chantal Lebaillif se retrouvent ensemble autour des projets de la compagnie, dans une complicité et une exigence de travail sans cesse renouvelées.
Cette fidélité n’est pas un huit clos fermé ! Au gré des créations théâtrales du Limon, l’équipe s’est agrandie avec Jean-Christophe Bardot (photographe), Amandine Masson (graphiste-visuel) et Olivier Quatrefages (captation-teaser).
Sarah Colas (décoratrice-accessoiriste) a rejoint l’équipe pour le dernier projet Lents murmures de l’aube.

Le jeu

« Le théâtre est le lieu de l’illusion par excellence.
Le jeu du comédien ne peut pas être « naturel » (comment pourrait-il l’être dans un dispositif « artificiel » où le public et l’acteur acceptent ce principe de l’illusion ?). En réalité, c’est le texte, l’écriture qui dicte la nature du jeu : intimiste, réaliste, démesuré, grotesque, etc…
Le texte dramatique est le socle même de chaque projet de théâtre.
Même dans le cas d’un texte de théâtre que je propose, il ne fait jamais l’objet d’une réécriture, pendant les répétitions. La place de l’écriture et la place du jeu sont inconciliables.
Le temps de préparation et de répétition est long car l’acteur avance en aveugle, pas à pas dans le texte.
L’acteur triture, mâchouille les mots jusqu’à ce qu’ils fassent chair avec sa propre chair, jusqu’à ce que les mots s’impriment et métamorphosent le corps du comédien. J’aime bien cette image du corps du comédien « labouré » par les mots du texte. Le comédien prend en charge la nécessité à dire le mot. Il s’engage afin de sentir et comprendre l’urgence à dire.
Pour créer cette illusion théâtrale, dans ce cheminement-là, tout est vrai, par excellence.

L’espace

« Faire théâtre dans un théâtre » : un même mot pour le métier et son lieu d’exercice. En réalité, on peut faire du théâtre n’importe où : dans la rue, dans un jardin, dans une cour, etc… Pourtant, le seul théâtre que Le Limon offre est celui qui se fait dans le lieu théâtre, lieu spécifique unique, réservé comme une demeure silencieuse et isolée, coupée du bruit et de la gesticulation du quotidien. Ici, un théâtre est une boîte noire, un plateau avec ou sans rideaux en fond de scène, à cour ou à jardin, à l’allemande ou à l’italienne. Délimitée et paradoxalement ouverte, cette boîte est au cœur de chaque dispositif scénique. Elle n’est jamais occultée, jamais cachée, maquillée. Sa présence fascinante offre un cadre vivant et nous donne la possibilité de « l’habiter » le temps d’une représentation.

Que dit notre façon d’habiter l’espace scénique de notre façon d’habiter le monde ?

Prise par un désir d’austérité, un comédien sur un plateau nu, du « théâtre pur » comme le disait Copeau, et un désir d’accumulation, telle une frénésie d’objets qui viendrait habiter l’espace scénique pour mieux accompagner le cheminement du comédien, comme le suggérait Stanislavski, je suis en permanence tiraillée par ces deux extrêmes, le vide et le plein. Désir sans doute, parallèle à mon envie contradictoire de fuir le monde et de m’y investir pleinement
Ma seule façon de sortir de ce dilemme est de casser l’espace en un dédale de plusieurs stations dépouillées. C’est une façon d’habiter l’espace scénique en le hachurant horizontalement, avec des marquages au sol, ou verticalement, avec des bâtons, des panneaux, des ficelles. C’est une façon de créer des sous-espaces, des replis d’espaces fissurés, éclatés, qui agissent et nourrissent le jeu du comédien, perçu comme une trajectoire. C’est aussi une invitation au « déplacement », comme on peut le faire dans une toile de peinture.

L’univers

C’est peut-être pour cette raison qu’il me faut trouver pour chaque création un univers pictural particulier ; c’est un peu comme être à la recherche d’une « demeure » aux couleurs, aux lumières et aux sonorités singulières. Un tableau suffit le plus souvent à mobiliser l’imaginaire (Giacometti, Braque, Mondrian, Bacon, He Yifu, De Staël, Klee, etc…). C’est aussi un moyen pour l’équipe d’échanger et de jeter les bases d’un projet commun. »

L'équipe

Créateur lumière

Jacques Duvergé

Depuis sa création en 1993, Jacques Duvergé est l’éclairagiste et le régisseur général de la Cie Le Limon.

Entre 1984 et 1987, Jacques Duvergé suit une formation d’acteur et techniques du spectacle vivant au GLAC Hagetmau (40700), puis une formation théâtrale avec Andréas Voutsinas à Paris, avec Philippe Adrien à la Cartoucherie de Vincennes et G.Laurent au CDN de Bordeaux. C’est également au CDM de Bordeaux où il reçoit une formation de régisseur plateau et lumière. Entre 1978 et 1980 il étudie la photographie ( BT de photographie à Orthez) ; En complément, il obtient une habilitation électrique OBRH 1V au CFPTS de Bagnolet, ainsi qu’une habilitation CACES au théâtre de Corbeil Essonnes. Il maîtrise et utilise régulièrement des logiciels/console lumière ; AVAB/Safari, logiciel plateforme multimédia Light Régie 120/TFT et des logiciels DAO visio et Stardraw, ainsi que la suite CAO office.

Il est également depuis 1999, éclairagiste et régisseur général du Festival Des Tragos à Cavalaire, sous la direction d’Emmanuel Seignez. C’est également depuis 1999 qu’il est régisseur lumière du Théâtre de Corbeil-Essonnes, après avoir été régisseur lumière/ son / plateau au CDNJ de Montreuil sous la direction de Daniel Bazilier de 1991 à1998.
Depuis 2004, il est l’éclairagiste de L’Aire du Théâtre de Fribourg (Suisse) dirigé par Jean Winiger.
Régulièrement depuis 1991, il participe à différentes expositions photos (Espace Timbaud Paris 11°, Festival des nuits de la Crypte à Hagetmau dans les Landes etc…)

Depuis sa création en 1993, Jacques Duvergé est l’éclairagiste et le régisseur général de la Cie Le Limon

« Si on me demandait de prendre la parole sur ce métier particulier qu’est l’éclairage d’une œuvre théâtrale… autant demander à une poule de pondre un œuf carré … que dire ?… L’éclairagiste ne prend pas la parole, il la suit au gré du texte. C’est un peu un pêcheur qui remonte et jauge les flux tranquilles, les remous, les gués … C’est un monde du ressenti, il faut aimer attendre, parfois longtemps, quelque surprise sur ce parcours sinueux ! Il ne faut jamais se presser pour longer cette colonne fondatrice qu’est le texte. Et le texte est l’ossature fondamentale pour ce petit monde qui fourmille le long de l’aventure : metteur en scène, comédien, scénographe, peintre, compositeur, constructeur, éclairagiste et bien d’autres… Un spectacle ne se fait pas seul, c’est une aventure commune autour de cet axe qui est la parole de l’auteur. Et tous ces corps de métier croisent leur vision, leur ressenti, leur expérience sur ce bateau inventé.
Je ne ferai pas de théâtre sans tout cela ! »
Maintenant d’un point de vue technique, il faut entrer dans un atelier d’artisan ou d’artiste et s’apercevoir qu’il n’y a pas de recette. Il y a l’usage de l’outil, l’ergonomie et le soin et l’agencement hétéroclite de son lieu. Et la palette ! … qu’elle soit d’essence de bois, de tubes de couleurs, de notes posées sur un piano, de desseins, de carnets en fouillis, de tentatives de lumières, pour un passeur de lumières… J’aimerai bien être un passeur de Lumière…mais cela est une autre histoire. »
Jacques Duvergé

Compositeur

Francis Courtot

Depuis 1993, Francis Courtot est le compositeur de la compagnie Le Limon.

Francis Courtot est né le 15 Aout1960. Compositeur autodidacte, un temps requis par le jazz, il a étudié l’informatique et ainsi été membre de l’équipe Recherche musicale de l’IRCAM, avant de travailler la composition avec Brian Ferneyhough et Klaus Hubert, Tristan Murail, Luis de Pablo à L’Abbaye de Royaumont. En composition, il tente de délimiter une clôture de la modernité, en recourant aux notions de « trajectoires morphologiques », d’induction et surtout d’« attention ».
Ses partitions ont été interprétées par S :I,C, Françoise Rivalland, Donatienne Michel-Dansac, Garth Knox, Kammer-ensemble für Neue Musik de Berlin, Court-circuit, Contrechamps…
Depuis 1993, Francis Courtot est le compositeur de la compagnie Le Limon

« Parallèlement à la composition, je suis maître de conférences en l’université de Lille (France). Il me semble que la formalisation théorique se doit d’accompagner l’écriture. Ma participation au Limon forme une aventure de liberté et de fidélité : Liberté, car la compagnie se situe toujours au -delà des effets de mode sans renoncer à interroger le présent. Fidélité, car le travail d’équipe (lumières, décor, mise en scène…) s’effectue toujours dans le dialogue et la volonté, et depuis plus de trente ans … ! »
Francis Courtot

Scénographe

Stéphanie Laurent

Depuis 1993, Stéphanie Laurent est la scénographe de la Compagnie Le Limon.

Après avoir passé un diplôme de scénographie et d’architecture intérieure, Stéphanie Laurent commence sa vie professionnelle à la Cie Philippe Genty. Depuis elle partage son activité entre décors de cinéma (longs métrages) et des scénographies pour différentes compagnies de théâtres.
Dans l’univers du décor de cinéma, depuis quinze ans, elle a travaillé en tant que 1ére assistante pour de grands chefs décorateurs et réalisateurs (« Sister Brother » de Jacques Audiard (chef déco Michel Barthelemy) qui a obtenu le césar du meilleur décor en 2019) Et plus récemment dans « Mon crime » de François Ozon (chef déco Jean Rabasse), « En corps » de Cédric Klapish, « Le petit Nicolas » réalisé par Julien Rappeneau … etc
Dans le domaine du théâtre, elle a signé la scénographie de « Un rapport sur la banalité de l’amour » de Mario Diament , « La chute » d’Albert Camus et « Darius » de Jean Benoit Patricot, trois mise en scène d’André Nerman.
Depuis 1993, Stéphanie Laurent est la scénographe de la Compagnie Le Limon.

« J’aime beaucoup le travail au sein d’une équipe de cinéma. Les moyens financiers mis à la disposition d’un projet y sont considérables, surtout quand on fait la comparaison avec ceux d’une compagnie de théâtre. Du coup les contraintes au cinéma sont aussi très importantes. Finalement ce que j’apprécie le plus, au fond, dans mon travail au sein d’une petite compagnie, c’est la liberté que j’ai ; d’explorer, de créer, d’innover avec des « bouts de ficelle » parfois, de rester inventif.
C’est paradoxal, mais c’est essentiel ! »
Stéphanie Laurent

Décoratrice-accessoiriste

Sarah Colas

Sarah Colas a rejoint l’équipe pour le dernier projet Lents murmures de l’aube.

Diplômée d’une licence des lettres et des arts, puis d’une école du stylisme en 2009, elle participe à l’élaboration des costumes des spectacles « Cendrillon », « Colombe », et « Le roi se meurt » avec la costumière Pascale Bordet.
En 2014, elle crée les costumes de « Les cavaliers » et de « Marco Polo » mise en scène d’Eric Bouvron.
Sa passion pour l’art textile l’amène à évoluer dans plusieurs univers.

« La réalisation d’accessoire de théâtre, entièrement recouvert de tissu est une pratique qui m’intéresse particulièrement. Elle s’inscrit dans la lignée du travail sculptural de l’artiste Simone Pheulpin. Chez elle, la matière textile est contrainte par des torsions, des plis. La transcription plastique d’un temps long propre à la nature transmet la photographie d’un mouvement figé. Ainsi pour le spectacle « Lents murmures de l’aube », la réalisation de l’arbre présente différents mouvements qui se chevauchent, se confondent ou se répondent et dessinent des formes parfois organiques ou minérales. (La références au peintre Paul Klee et à l’illustrateur Arthur Rackham est aussi présente dans ce travail) »
Sarah Colas